La couleur bleu merle, recherchée chez le Berger Australien, s’accompagne d’une prédisposition génétique à certaines pathologies. Les croisements entre porteurs du gène merle augmentent considérablement le risque de surdité et d’atteintes oculaires.Les affections articulaires, telles que la dysplasie de la hanche, figurent parmi les diagnostics fréquents. Les troubles auto-immuns et l’épilepsie présentent aussi une incidence non négligeable dans cette population. Des mesures de prévention existent pour limiter ces risques.
Le berger australien bleu merle : un chien unique, une santé à surveiller
Le berger australien bleu merle attire tous les regards avec son pelage moucheté, ses yeux d’une intensité troublante, parfois bruns, parfois bleus, parfois les deux à la fois. Son histoire traverse les Pyrénées et les grands espaces américains. Issu de croisements entre chiens de berger basques, collies, bouviers bernois et border collies, il arrive en France à la fin des années 1980. Polyvalent, il séduit par son agilité naturelle et sa capacité à veiller sur les enfants ou à briller lors des concours canins.
Mais cette robe merle qui fait son originalité provient d’une mutation génétique particulière, source de complications bien réelles. Chez ce chien, le risque de troubles auditifs ou de pathologies oculaires grimpe en flèche quand deux chiens porteurs du gène merle sont croisés. Les éleveurs avertis le savent et évitent méticuleusement ce type d’appariement, conscients de leur rôle dans la santé des générations à venir.
Avec une stature solide, jusqu’à 58 cm au garrot pour un mâle, 54 cm pour une femelle, et un poids compris entre 20 et 34 kg selon le sexe, le berger australien bleu merle incarne l’archétype du chien de travail. Sa longévité dépasse souvent 12 ans, à condition de lui offrir une activité physique adaptée, une alimentation choisie avec soin, et une socialisation précoce.
Qu’il soit acquis auprès d’un éleveur (comptez entre 800 et 1500 euros) ou adopté en refuge, ce compagnon demande un suivi régulier. Socialisation, environnement familial stable, dépistages génétiques, rendez-vous vétérinaires : tout cela rythme la vie d’un maître impliqué. Impossible de faire l’impasse sur la vigilance : son énergie débordante va de pair avec des besoins médicaux spécifiques.
Quels sont les problèmes de santé les plus fréquents chez le bleu merle ?
La beauté remarquable du berger australien bleu merle s’accompagne de quelques maladies héréditaires qu’il vaut mieux surveiller de près. Les troubles articulaires figurent en bonne place, notamment la dysplasie de la hanche et celle du coude, responsables de boiteries, douleurs et, avec le temps, d’arthrose. Ce type de problème, courant chez les chiens actifs, peut nuire sérieusement à leur mobilité et à leur qualité de vie.
À cette fragilité s’ajoutent des risques oculaires : l’anomalie de l’œil du colley (AOC), la cataracte d’origine génétique, l’atrophie progressive de la rétine. Toutes menacent la vision, parfois de façon irréversible. Les chiens au pelage merle sont aussi exposés au colobome de l’iris, tandis qu’une mutation du gène MDR1 augmente le risque de réactions toxiques à certains médicaments.
La vigilance ne s’arrête pas là. Les maladies auto-immunes comme la thyroïdite, le lupus, la maladie d’Addison, mais aussi l’hypothyroïdie ou certains cancers (lymphome, hémangiosarcome) concernent surtout les sujets plus âgés. Allergies cutanées, dermatites, infections des oreilles et problèmes dentaires réclament également un suivi attentif. Enfin, sous ses airs infatigables et intelligents, le berger australien peut développer des troubles du comportement : anxiété, agitation, difficulté à supporter la solitude.
Prévenir plutôt que guérir : gestes simples et bonnes habitudes au quotidien
La santé du berger australien bleu merle se prépare dès qu’il pose ses pattes dans la maison. Offrez-lui une alimentation équilibrée, riche en protéines animales, tout en surveillant les apports en calcium afin de préserver ses articulations en croissance. Trop de calcium, et les soucis osseux ne tardent pas.
Pour renforcer la prévention, plusieurs gestes sont à adopter au quotidien :
- Suivre le programme de vaccinations (maladie de Carré, parvovirose, hépatite, leptospirose, rage) pour le protéger contre les principales maladies canines.
- Réaliser les dépistages génétiques préconisés : recherche de la mutation MDR1, maladies oculaires, contrôle des hanches et des coudes.
- Assurer une activité physique variée et régulière : balades, jeux d’intelligence, séances d’agility ; autant d’occasions de canaliser son énergie et de lui offrir un équilibre émotionnel.
- Limiter les sauts et mouvements brusques chez le chiot pour préserver ses articulations.
- Veiller à l’hygiène des oreilles et des dents, surtout après des baignades ou des sorties dans l’herbe haute.
Un rendez-vous annuel chez le vétérinaire, avec rappels de vaccins et bilan santé, reste la meilleure ligne de conduite pour assurer le bien-être du chien berger australien. Ce suivi permet d’anticiper les complications, d’ajuster l’alimentation ou d’adapter l’activité physique si besoin.
Quand consulter un vétérinaire et comment bien accompagner son berger australien
Certains signaux ne laissent pas place au doute : démarche inhabituelle, appétit en berne, vomissements, toux persistante ou démangeaisons répétées appellent une visite rapide chez le vétérinaire. Le berger australien bleu merle peut mal réagir à certains médicaments ; il vaut mieux demander conseil avant d’en administrer, même un vermifuge.
Les sorties demandent aussi quelques précautions :
- Pendant l’été, mieux vaut partir en balade tôt le matin ou en fin de journée, et penser à proposer de l’eau fraîche régulièrement.
- En hiver, inspecter les coussinets après chaque promenade : le froid, le sel et l’humidité peuvent causer des blessures.
- Mieux vaut éviter les baignades dans les eaux stagnantes, terrain propice aux cyanobactéries toxiques.
- Au printemps, attention aux zones infestées de chenilles processionnaires pour limiter les réactions allergiques graves.
Lors des escapades en forêt ou à la campagne, la vigilance s’impose face aux tiques et à la leishmaniose, surtout dans les régions du sud. L’utilisation d’antiparasitaires adaptés et un examen minutieux du pelage permettent de limiter les mauvaises surprises. Maintenir son chien à un poids adapté, éviter le surpoids, c’est aussi limiter les risques d’arthrose et de torsion d’estomac, des menaces qui augmentent avec l’âge ou après un effort trop intense suivi d’un repas copieux.
Prendre soin d’un berger australien, ce n’est pas seulement une affaire de rendez-vous médicaux. C’est un engagement quotidien, fait d’attention, d’échanges, d’activités variées. Un chien bien entouré, stimulé et suivi, c’est la perspective d’années pleines de complicité et d’énergie, et parfois, le sentiment unique d’avoir le compagnon le plus vivant du quartier.



